Le lendemain de mon escapade à Nara, je suis allé à Kyōtō pour deux jours : je voulais voir le fameux jardin de mousse et pour cela il faut s'inscrire deux à trois semaines à l'avance ; j'ai donc écrit et on m'a répondu que je devais être au temple à 10 heures, mercredi 8 août.

Mais je voulais aussi voir Nijō Jinya, une auberge du XVIe siècle, qui elle est fermé les mercredis... donc la seule solution était de passer deux jours à Kyōtō.

Pour visiter Nijō Jinya, il faut un interprète, car la visite est en japonais exclusivement. Une des persones de l'hôtel Okura de Kōbe a donc organisé une guide gratuite pour moi ! Quel service !

En fait ces guides gratuits sont des "aspirants" qui fonctionnent comme guide afin d'apprendre leur métier ; comme ils ne sont pas professionnels, ils ne peuvent demander à être payés ; il faut juste leur payer ls entrées des différents monuments.

Voici ma guide, avce un de ses ami qui veut aussi devenir guide et qui nous a accompagné pour apprendre.

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En chemin vers Nijō Jinya, dans un temple, des cordes faites en cheveux !
Les cheveux étaient des dons des fidèles, et les cordes servaient à tracter à la main les luges qui transportaient les troncs qui ont servi à construire le temple.

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Dans un sanctuaire, un barque en forme de dragon.

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Nijō Jinya est une auberge clandestine du XVIe siècle ; en effet, le shogun avait interdit les auberges pour éviter les complots. Mais il exigeait aussi que les seigneurs féodaux viennent le voir...
Ils devaient donc dormir dans des auberges, clandestines.

Celle-ci est toujours aux mains de la famille d'origine, c'est une maison privée, mais on peut visiter sur rendez-vous certaines pièces de réception. Il faut réserver pour visiter.

La maison est truffée d'escaliers cachés, de portes dissimulées, de recoins pour les soldats, etc... afin de protéger et d'assurer une sortie facile aux seigneurs qui pourraient se trouver pris dans une embuscade à l'intérieur de la maison. La visite est très intéressante, car on voit un des seuls endroits préservés de cette période, avec les murs en papier, les peintures sur les sous-bassements, les salles pour la cérémonie du thé, etc...

Malheureusement, il est interdit de photographier, alors je n'ai de clichés que de l'extérieur.

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Après, je suis allé me balader dans la grande rue commerçante, Shi-jō dōri.

Dans une galerie commerciale, un temple.

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J'ai fait faire un goshuin, la calligraphie, dans mon livre de pèlerinage.

Le vieux moine a d'abord "fait" l'encre, en frottant le bâton d'encre sur la pierre spéciale avec un peu d'eau ;  puis il s'est appliqué à faire la calligraphie.

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Dans une rue parallèle, qui sert de marché couvert, une machine à râper le thon séché ; les copeaux sont utilisés en assaisonnement, sur les omelettes, et autres plats de la région.

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Beaucoup de magasins vendaient des "pickles", des légumes en saumure au vinaigre.

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Au mois d'août, il n'y pas de représentations de kabuki, ni de nō, ni de bunraku (marionnettes japonaises) ; comme je voulais avoir un apreçu de ces différents arts, je suis allé au Gion Corner, qui organise tous les soirs deux séances d'une heure avec entre autres une petite scène de comédie, un peu de danse traditionnelle de Kyōtō, de la danse de maiko (apprentie geisha) et du bunraku.

Cela donne une petite idée, et cela m'a fait vraiment regretter de ne pas voir une spectacle entier de bunraku (ou au moins une partie de spectacles, car ils peuvent durer 8 heures !)

A l'entrée, un tableau montre les différents ornements des coiffes des maikos (apprenties geiko (geisha de Kyōtō) ), en fonction du mois de l'année.

 

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Petit et courte cérémonie du thé.

 

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Deux joueuses de koto.

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Un peu d'ikebana : avec quelques branches de pin, on peut faire des merveilles !

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Le gagaku, la danse traditionnelle de Kyōtō.

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Comme la scène est toute petite, l'orchestre est réduit à quatre instruments.

 

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Le kyogen, la comédie, qui est jouée entres les actes du nō, la tragédie.

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Le kyomaï, la danse des maiko et geiko ; elle est faite pour être exécutée dans des espaces très réduits, et se danse donc sur place, avec des mouvements très codifiés.

Ici, c'est une maiko, reconnaissable entre autres à ses ornements de cheveux, les longues manches du kimono et le nœud 'défait' de son obi (ceinture), avec les deux pans longs.

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L'ornement de la coiffe est bien celui du mois d'août, comme montré sur le tableau.

Le maquillage aussi dit que c'est une maiko, le plus flagrant étant la bande de peau visible autour du visage,  à la racine des cheveux.

Le sous-vêtement rouge et blanc indique aussi la maiko, la geiko portant du blanc ou du suamon, sans dessins.

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La maiko se différencie aussi de la geisha par la tenue : le kimono de la geiko est souvent uni, dans des tons pastels, celui de la maiko est très coloré ; il en va de même pour l'obi, la ceinture, très ornée et chatoyante pour la maiko ; de plus, l'obi de la maiko est noué diféremment : ici on voit les très longs pans de tissus dans le dos, alors que la geiko à un nœud presque carré.

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Enfin, le bunraku.

Ces marionnettes de 1,20 m sont manipulées à vue par trois marionnettistes ; celui qui manipule les pieds est le moins expérimenté ; au bout de 10 ans, il peut monter en grade et devenir le manipulateur du bras gauche ; et après encore 10 ans, il peut devenir le manipulateur de la tête et du bras droit !
Le tout est accompagné par un récitant-chanteur qui raconte l'histoire.

Les manipulateurs de la tête et du bras droit du Théâtre national de bunraku à Ōsaka sont des Trésors nationaux vivants !

Bien que l'on voie les marionnettistes, on les oublie très vite, tellement la marionnette est vivante ! c'est absolument fascinant !!!

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Dans un taxi, une maiko.

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Je suis ensuite allé voir le temple Kōdai-ji, car il est éclairé aux lumignons tous les soirs jusqu'à 21h30.

C'est absolument magique de se promener dans les jardins et de voir les bâtiments faiblement éclairés.

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L'ombre des arbres projetée sur un mur.

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Une forêt de bambous.

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